Partager l'article ! L'oeil de la psyché [fic- non terminée]: [img]http://i38.tinypic.com/nfgx09.jpg[/img] Voici une fic née du désir de conti ...
Voici une fic née du désir de continuer l'histoire de deux personnages qui nous tiennent à cœur. Ce récit met ainsi en scène deux personnages que certains d'entre vous reconnaitront peut-être, à
une période suivant de peut MSNG.
En espérant que cela vous plaise, en vous souhaitant une bonne lecture.
Ceux ne connaissant pas cet univers risque d'être perdu, mais j'espère tout de même que cela soit lisible ^^
La lumière vient de s'éteindre. Ca y est, la journée est finie, une journée bien remplie, une journée avec pas mal de clients d'ailleurs. Ca
fait du bien, de sentir qu'on a rempli avec efficacité ses fonctions, et de pouvoir simplement se reposer, de profiter de l'obscurité, enfin.
Je regarde ma femme, glissée sous les draps et roulée en boule. Elle est adorable. Vraiment, elle est ce qu'il m'est arrivé de mieux de toute ma vie. Elle, et mes deux enfants, bien entendu.
Bientôt trois, d'ailleurs, car la vie est décidément très généreuse avec moi.
Ma famille possède une belle et grande maison, j'ai un emploi qui me plaît, je suis un homme respecté et puissant, nous n'avons aucun problème de finances...En ajoutant à cela la sublime beauté
de ma femme et le bonheur que ma famille me donne chaque jour, je peux clairement dire que je suis l'homme le plus heureux du monde. Voire d'une bonne centaine de mondes.
Ha, l'un des lampadaires à huile à l'extérieur vient de s'éteindre. Le problème de vivre sur un monde peu technologiquement évolué, à une
période où il y a énormément de vent! Enfin, c'est ce qui fait un peu le charme d'une telle vie...
Pour le coup, je n'arrive plus à deviner les courbes de ma bien-aimée sous les draps. Tant pis, je n'ai qu'à activer le mode de vision nocturne de ma lunette de visée.
Voilà, à part la teinte verte des verres de la lunettes, c'est exactement comme si j'étais à côté d'elle, dans ce lit où nous avons partagé tant de nuits. Dans sa chambre, de
l'autre côté de la rue.
Se retrouver dans cette petite pièce, ce petit « sanctuaire », n'est certes pas toujours accommodant, mais je dois dire que le point de vue est parfait: je peux voir quasiment toutes les salles
d'ici, des chambres des enfants jusqu'à la salle de bain, tout en surveillant une grande partie de la rue, et mes clients. Quatre aujourd'hui. Un très, très beau score je dois dire. D'ailleurs,
il faudra que je pense à aller disposer des corps; ce n'est pas comme si la milice allait comprendre ce qui leur était arrivé, les balles de long rifle, ils ne connaissent pas vraiment par ici.
Mais bon, j'aime juste le travail bien fait.
Cela fait bientôt un mois que j'ai trouvé ce nouvel emploi, et je dois dire qu'il me convient autrement plus que mon ancien boulot. Avant, j'étais le dirigeant d'un groupe
de...comment dire cela...de combattants, voués à lutter pour la protection des mondes. Pas de la bienséance, merci bien, même si cela n'aurait pas dérangé la plupart d'entre-eux. Alors certes, ce
poste, c'était la gloire, la reconnaissance, un relativement bon train de vie...Sans compter l'assurance de protéger l'univers, et par conséquent, ma famille...
Mais de l'autre côté, je n'appréciais pas plus que cela ces responsabilités. Je ne l'avais pas vraiment choisi, au départ, et de plus, ma femme, bien qu'en faisant également partie, ne voyait pas
tout cela d'un très bon œil. Tout cela me demandait beaucoup de temps, et forcément, me maintenait loin de ma famille.
Mais maintenant, j'ai clairement trouvé chaussure à mon pied, si l'on peut dire! J'ai laissé tombé la direction de la Ligue, les laissant se débrouiller sans moi – ça leur fera
les pieds – et j'ai entreprit de protéger ma famille de toutes les menaces extérieures, directement. C'est vraiment beaucoup plus sain, je peux les voir tout le temps, et je m'assure que leur vie
est parfaite directement. Bien sûr, cela demande quelques sacrifices, comme le fait de loger dans ce petit appartement miteux, et d'avoir à déplacer les corps des gens qui s'approchent trop
souvent de ma famille, mais que cela est bien peu cher payé comparé à ma récompense: voir ma douce femme et mes enfants en sécurité...
Le poids du fusil commence à me peser un peu sur le bras. En soupirant, je le repose un peu contre la fenêtre, histoire de me masser l'épaule. Et puis bon, à cette heure, je
n'ai plus beaucoup de surveillance à faire...J'en profite donc pour aller m'assoir au centre de la pièce, et me balancer un peu sur ma chaise, en observant le mur qui fait face à la fenêtre. Je
ne peux m'empêcher de sourire légèrement en regardant les quelques photos de ma femme que j'y ai accroché. Je crois que c'est quelque chose qui est commun à bon nombre de couples de l'univers:
avoir toujours une photo de sa moitié près de soi.
Allez, il est temps d'aller dormir un peu, il faut être en forme pour demain; une grosse journée m'attends, ma femme reçoit le voisin d'à côté, de retour d'un voyage d'affaire.
Je l'ai vu préparer son costume pour demain, ainsi qu'un paquet cadeau. Ha, il y en a vraiment qui ne doutent de rien, faire la cour à une femme mariée, en présence de son mari en plus! Il y a
des pauvres types à qui le désespoir fait vraiment faire de ces stupidités...
Un baiser sur les lèvres glacées de ma femme figée sur papier, un dernier regard à sa silhouette en face, puis finalement, je vais m'allonger sur ma couche, croisant les mains derrière la tête,
et fermant les yeux.
Une autre journée...
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Je me suis couchée tôt ce soir. Après avoir demandé à Brahnel de mettre les enfants au lit. J'ai simplement prit le temps de leur faire un bisou à chacun avant qu'ils ne
s'endorment. Mes enfants, tout ce qu'il me reste de palpable dans ma vie.
Un dernier regard à la porte d'entrée, histoire d'être sûre qu'elle est correctement fermée à double tours. C'est probablement la quatrième fois que je vérifie ce soir, ce qui
ne manque pas de faire ronchonner cette peste de Brahnel.
C'est plus fort que moi, et c'est un simple réconfort psychologique. Car je sais que si il décide de pénétrer dans la maison, cette simple porte ne l'arrêtera pas. Par mesure de sécurité, j'ai
aussi demandé aux enfants de dormir dans la même chambre, en compagnie la domestique. Cela ne plait à personne, mais je trouve que c'est plus rassurant.
Quant à moi, une fois dans notre chambre... Qui n'est maintenant plus que la mienne, je m'empresse d'enclencher les trois verrous que j'ai fait installer sur la porte. Je prend
le temps d'ouvrir quand même les fenêtres quelques instants, pour profiter du vent frais qui souffle en cette période de l'année.
Cela fait un mois que j'ai mit Layme à la porte. Jamais je n'aurais cru cela possible. Je pensais le connaître, cet homme avec qui je suis mariée depuis plus de quinze ans.
Pourtant... Je n'ai rien vu venir...
Petit à petit, il a refermé l'étau sur moi. Jusque là, tout s'était déroulé de manière si subtile et discrète que je ne me suis rendu compte de rien. Je pensais qu'il ne
cherchait qu'à me protéger, et c'est sans doute le cas. Mais je me suis rendu compte d'une chose: la limite entre l'amour passionnel et la folie obsessionnelle et très ténue. Il ne suffit que
d'un pas pour la franchir. Ce qui est arrivé à mon mari. Mais depuis quand l'a-t'il franchit, je ne le sais pas...
Il est devenu effrayant avec le temps. Il cherche toujours à savoir où je suis, ce que je fais, qui est avec moi... Mais je le supportais. Après tout, c'est quelqu'un possédant
une nature très inquiète, et je le savais. Il ne supporte pas quand je rentre amochée. Mais ce qui m'a fait prendre conscience de la réalité, c'est lorsqu'il m'a dit qu'il serait prêt à sacrifier
nos enfants si cela pouvait un jour me sauver... J'en garde encore un nœud dans la gorge en entendant de nouveau ses paroles dans ma tête. Et je ne voyais rien...
Brusquement, je ferme les fenêtres, et tire les rideaux en voile. Un frisson me parcourt la colonne vertébrale, et je sais très bien que cela n'est pas dû au vent frais. Cette
impression qui persiste... Celle d'être épiée en permanence, telle une proie. C'en est trop, je me glisse sous les draps, avant de me rouler en boule. Je persiste à garder la tête tournée vers la
porte, au cas où... Au cas où quoi? Je ne sais pas. Peut-être est-ce parce que je ne préfère pas être tournée vers la fenêtre, à la place où dormait Layme avant. Connaissant le passé de mon mari,
peut-être est-ce aussi parce que je ne suis pas rassurée face à une fenêtre. Il est si facile de tuer quelqu'un à travers un carreau quand on a l'arme adéquate. Même si je reste persuadée qu'il
ne me fera pas de mal, je crois...
Je sursaute quand le lampadaire qui est en face de notre maison s'éteint brusquement. Est-ce que c'est lui qui a fait ça?! Je préfère ne pas bouger, et écouter... Mais rien.
Pas un bruit. Je ne le détecte pas. Si il était autour de la maison, je le saurais. Normalement.
J'essaye de me détendre un peu, pour ne pas passer une nouvelle nuit blanche, avec cette boule au creux de mon ventre. Ventre qui d'ailleurs grossi. Je soupire en passant doucement ma main
dessus. Non, ce n'est pas le bon moment pour venir au monde petit être, ton père a perdu pied...
Je m'oblige a fermer les yeux, ne serait-ce que pour me reposer un peu. Pourquoi est-ce que tous les hommes qui ont traversés ma vie, de quelque manière que ce soit, ont tous
des problèmes? C'est bien simple, j'attire les emmerdements comme un aimant.
Il se fait tard...
Une autre nuit...
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Maison, douce maison...
Je reviens d'une petite course, pour retrouver le taudis qui me sert d'observatoire. C'est vrai que c'est pesant parfois, d'être dans ce trou, mais bon, c'est nécessaire, pour
le bien de ma femme, ma Lucia...
Mon « emploi » est en effet clandestin, elle n'est pas au courant, et ne doit pas l'être. Elle ne sait même pas que je me trouve ici, où même seulement sur ce monde. Je dois pouvoir agir sans la
moindre retenue, sans qu'elle n'essaye de m'en empêcher, ou même qu'elle sache qu'elle est protégée. Elle a horreur de ça, elle estime qu'elle est parfaitement capable de se protéger toute seule.
Et ma foi, elle a raison, dans une certaine mesure. Mais je suis au courant de choses...Elle ne peut malheureusement pas comprendre tout cela à l'heure actuelle. Cela viendra, je le sais, mais
pour l'instant, je dois la protéger à son insu.
Lucia...Cela fait quinze ans déjà...A l'époque où nous nous sommes rencontrés, je n'étais qu'un pion, un anonyme dans la foule, un corps sans âme et sans moteur. Notre
rencontre...a tout changé.
Nous étions seuls tout les deux, et nous partagions également le destin des assassins. Nous avons été réunis, ironiquement, par une paire de clefs, puis par notre amour. Les épreuves ont été
nombreuses, à l'époque, mais nous n'en sommes sortis que plus forts, plus amoureux. Ensemble, nous étions maîtres de nos destinés, et nous ne traversions plus la vie seuls. L'amour que je lui
voue...je ne peux l'exprimer avec des mots. Elle est tout pour moi. C'est presque exclusivement pour elle que j'ai mené la vie que j'ai mené après notre rencontre.
Et puis bon, il y a un mois, nous avons dû nous éloigner un peu l'un de l'autre. A cause de ce que je savais qui allait arriver. Mais je ne lui en veux absolument pas, comme je
viens de le dire, c'est normal, elle ne peut pas comprendre. Quand elle saura toute la vérité, on en rira même.
En attendant, je dois la protéger, à tout prix. Il est hors de question que je laisse qui que ce soit lui faire du mal. Hors de question. Non seulement ça, mais je veux que sa
vie soit parfaite. C'était d'ailleurs le but de ma petite « course ». J'ai fait en sorte que l'éleveur chez qui va se rendre ma femme cet après-midi lui fasse une ristourne sur le nouveau cheval
qu'elle va se procurer, en échange de celui qui est mort il y a une semaine.
Avoir une vision plus globale que le reste des gens de la situation et des évènements à venir provoque souvent une certaine incompréhension. C'est également pour ça, afin
qu'elle ai une vie parfaite, que je dois parfois protéger Lucia d'elle-même. Elle devait partir quelques jours à l'étranger, dans une région assez trouble en ce moment, mais heureusement, elle ne
le fera pas: Andael, notre aîné, va en effet souffrir d'ici quelques heures d'une varicelle foudroyante. Rien de grave, bien entendu. Juste ce qu'il faut pour qu'il reste au lit, et que Lucia
reste à son chevet. Et comme ça, ça lui apprendra à ne plus se gaver des sucreries du confiseur de Rotild Street, ce chenapan!
Malgré ma situation actuelle assez particulière, je m'estime extrêmement chanceux. Tout simplement car je pense que peu de personnes dans tout le Prismandalé connaissent ou
connaîtront un amour aussi pur et puissant que celui que je vis. Qu'importe comment les gens me jugeront, je sais ce que j'ai à faire. Je dois le faire, envers et contre tout. Ce que j'ai vu...je
ne peux pas le laisser se réaliser.
Vivement que cela se termine, néanmoins. Je commence à rentrer dans une espèce de routine, et je n'apprécie pas particulièrement ça. Révision de l'équipement, planification des
itinéraires et de l'emploi du temps de mes clients et de ma famille, repas frugal, quelques heures de repos, recherche du Danger, et rebelote le lendemain...
Lucia me manque, je donnerais n'importe quoi pour aller la prendre dans mes bras...
Mais je dois être fort. Ne pas craquer. Pour elle.
Le Danger est toujours trop présent. Mais je le vaincrais au moment où il s'y attendra le moins.
Je dois me préparer pour ce soir. Lucia reçoit du monde, et pas n'importe qui, des Sans-Destin. Eux, c'est un problème. Un lien vers l'extérieur, une issue loin de moi qui
jetterait ma femme directement dans la gueule du loup.
Je dois trouver un plan pour ne pas qu'ils lui fassent du mal, eux aussi, par leur stupidité ignorante...
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Le réveil fut pénible. Une fois de plus, ma nuit fut très mauvaise. Et forcément, en me regardant dans le miroir, une constatation me saute au yeux: mes cernes sont
énormes...
Comme tous les matins, mes enfants sont déjà debouts. Ils ont bien dormi, tant mieux. Ca ne semble pas être le cas de Brahnel... Tant pis! J'avale rapidement un café. Depuis un mois, c'est la
seule chose que je peux prendre au réveil.
Je file ensuite rapidement dans la salle d'eau, histoire de me glisser dans un bain bien chaud que j'espère être relaxant. Mais quelque chose me gêne. Toujours cette impression d'être observée.
Ca me dérange, d'autant plus que je me doute que ce n'est pas qu'une simple impression... Alors je fais ce petit rituel que j'accomplis tous les matins: je glisse ma tête sous l'eau, et
j'attends.
L'eau est déjà froide lorsque que je quitte mon bain. Rapidement, je part m'habiller, choisissant au hasard une robe. Elle est de couleur prune, avec des liserés dorés. Un robe
qu'il m'a offerte. De nouveau, je ne peux m'empêcher de soupirer. Et je recommence en voyant mon alliance, que je n'arrive pas à enlever. Je ne peux pas m'y résoudre.
Alors que je m'apprête à quitter la maison, Dia et Andael insistent pour venir à l'écurie avec moi. Je voulais y aller pour m'acheter un nouveau cheval, mon brave Voldo ayant
rendu l'âme dans des circonstances plus que troublantes, et clairement loin d'être accidentelles à mes yeux. Finalement, je vais emmener les enfants, ils pourront voir leurs poneys. Je me suis
toujours demandé pourquoi Andael avait appelé son poney Super Underground Trois Mille... Quand à Papillon, le poney de Dia, je me suis toujours demandé pourquoi j'ai acheté cette saloperie...
La route jusqu'à l'écurie n'est pas bien longue, mais forcément, en chemin, je croise des personnes que je connais, qui obligatoirement, commencent à me raconter les derniers
commérages. Si ils pouvaient savoir ce que je m'en fout! Andael s'impatiente, et Dia, comme à son habitude, semble ailleurs.
Enfin, nous arrivons à destination. Quelque chose me chiffonne, le palefrenier me regarde avec un air nerveux. Ce n'est pas normal, je ne me suis jamais énervée sur lui. Pourquoi transpire-t'il à
grosses gouttes?... Il a quelque chose à cacher, je le sens... Mais je ne suis pas d'humeur à lui tirer les vers du nez.
Les enfants sont déjà parti voir leurs montures, et moi, j'inspecte les animaux à vente. Mon choix s'arrête sur un grand cheval gris, qui m'est vivement recommandé par le palefrenier. C'est tout
de même curieux qu'il me vende une telle bête à un prix si modeste... Et il continue à transpirer. Quelque chose ne tourne pas rond. Je lève un sourcil en observant l'homme, qui semble ne plus
savoir où se mettre. Je lui donne la somme convenue, avant de partir, attrapant mes enfants au passage. Je ne suis pas tranquille, vraiment pas. Ce type a peur, mais pas de moi. Ce qui ne me
rassure pas.
Il est de toute manière temps pour nous d'arriver à la maison. Avant même de passer la porte, j'entends une grosse voix en train de lâcher des plaisanteries graveleuses. Et
j'entends Brahnel lui donner une leçon de vie. A peine le pas de la porte passé, les enfants se précipitent sur l'homme à la large stature. Andael lui sautant au cou, Dia s'accrochant à sa jambe,
ce qu'elle fait depuis toujours.
Filodero me fait un grand sourire. Tonton Fifi comme disent les enfants. Un ami de longue date, ça fait une bonne dizaine d'années que nous nous connaissons.
Il a beau être très occupé, il passe me voir le plus souvent possible depuis... Qu'il sait que je ne me sens pas dans mon assiette. Je sais qu'il s'inquiète, malgré ses
plaisanteries et sa bonne humeur. Je sais aussi que si j'ai le moindre problème, il sera là en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire... Enfin, si tout ce passe bien...
Le repas se passe dans les rires des enfants et dans les plaisanteries de mauvais goût de Filodero. Mais je n'ai pas le coeur à rire, et le repas à peine fini, dés que les
enfants partent jouer, je sens le regard grave de mon ami se poser sur moi. Je n'ai pourtant pas l'impression qu'il est le seul à m'observer...
Une fois de plus, un frisson me parcourt la colonne vertébrale, alors même que j'essaye de rassurer le dirigeant du crépuscule. Qu'il me croit ou pas n'a aucune importance, seul l'effort compte.
Je le salue alors qu'il prend congé, et je profite des deux heures qu'il me reste avant de recevoir le voisin pour prendre le thé. Il souhaite parler affaire. Tant mieux, car je ne souhaite pas
parler d'autre chose avec quelqu'un comme lui.
Je m'assoie sur le banc en pierre du jardin. Tout dans cette maison me rappelle ma vie avec mon mari, ce jardin y comprit. Je me mord les lèvres lorsque mes yeux se posent sur
le grand châtaignier, celui contre lequel nous avions...
Je ferme les yeux, préférant me concentrer sur autre chose.
Finalement, je me lève, pour marcher jusqu'à la petite marre artificielle que nous avons créé. Le lieu de vie des grenouilles d'Andael. Pourtant, ce ne sont pas les batraciens que je fixe. C'est
mon propre reflet dans lequel je plonge mon regard. Ces yeux ne sont pas les miens... Ces yeux qui me fixent sont ceux de ma mère. Le regard de Layme n'était pas non plus le sien, lui aussi avait
eu quelques mésaventures avec ses yeux... Nous nous regardions avec des regards étrangers.
Et ce regard qui restait posé sur moi à longueur de journée, ce regard là est celui de quelqu'un qui m'est étranger...
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